À Grenoble, la mairie bétonise, du coup, il fait chaud partout (?)

En général, le tonton qui glousse en fin de repas parce que la mairie remplace des places de parking par des arbres est aussi celui qui râle parce que la même mairie passerait son temps à couler du bitume et du béton à longueur de mandat. Alors, quand il sort le fameux « de toute façon, avec tous ces nouveaux immeubles, il fait chaud partout maintenant », deux trucs à lui répondre.


1 – Oui, il fait plus chaud qu’avant, mais ce n’est pas exactement la faute du nouvel immeuble au coin de la rue.

Le climat s’est réchauffé et la cuvette grenobloise, entourée de montagnes, est particulièrement exposée aux fortes températures. L’urbanisation vient ensuite accentuer ce phénomène : selon les formes urbaines, les revêtements des sols, la végétation et la présence d’eau, certains endroits stockent davantage la chaleur que d’autres. Ceci dit, même dans un parc préservé du bitume, il fait aujourd’hui plus beaucoup plus chaud qu’il y a 30 ans dans le même parc. Pour une raison assez évidente : l’été 1996 a atteint un maximum à 32,6 degrés alors qu’on a frôlé les 40 degrés en 2026. Et 8 degrés en plus, ça se ressent.

En résumé : ce n’est pas les immeubles qui rendent les étés plus chauds, c’est l’inaction collective depuis les premières alertes lancées dès les années 1970. L’urbanisation, elle, ne fait que renforcer localement les températures, en créant des poches de chaleur qu’on appelle aussi des « îlots de chaleur ». C’est pour cette raison qu’on ne construit plus aujourd’hui comme on construisait avant.


2 – Non, la mairie ne bétonise pas à outrance, ou du moins, elle ne bétonise PLUS à outrance.

Et à Grenoble, on a même plutôt de la chance : les nouvelles constructions doivent impérativement intégrer 30 à 35% de pleine terre, 40 à 50% de zones végétales, alors qu’avant, on se contentait de couler une dalle en béton pour y construire un immeuble en béton. La façon de construire la ville a changé, et ça, c’est positif.

Le CEREMA a récemment mis en ligne un outil cartographique des îlots de chaleur dans les grandes villes françaises. Ce que vous pouvez en dire à tonton, c’est que les zones les plus sombres (à savoir le centre-ville et les quartiers Chorier-Berriat et Europole) n’ont pas été construites par la mairie actuelle, alors qu’au contraire, les quartiers sortant de « terre » depuis une dizaine d’années (principalement Flaubert) sont dans les zones les plus claires du territoire. Et si cette carte ne suffit pas, vous pouvez lui montrer cette image.

En résumé : l’urbanisme ancien et celui des années 80-90 favorisent aujourd’hui les îlots de chaleur. Heureusement, la nouvelle génération prend désormais en compte les besoins de notre ville pour éviter que le thermomètre ne grimpe en flèche à cause du béton : avec plus végétal, moins de béton, moins de bitume. Cela n’empêche pas d’aller planter des arbres dans les anciens secteurs dès lors que l’opération est possible. Et quand c’est impossible (du fait des réseaux d’eau, de chauffage, de refus de la part des Bâtiments de France, ou tout simplement parce qu’on ne peut planter sur une dalle de béton), alors des dispositifs d’ombrages, comme ceux installés rue de Bonne permettent de réduire l’effet de l’ensoleillement estival.


Si tout ça ne suffit pas pour convaincre tonton, vous pouvez également lui proposer d’aller manger une glace à Europole pour profiter d’une dalle de béton dans le pur style néo-Carignon des années 1990.

3 réponses à « À Grenoble, la mairie bétonise, du coup, il fait chaud partout (?) »

  1. Avatar de Richard
    Richard

    Ahahah top comme article y’a beaucoup de tonton comme ça à Grenoble

  2. Avatar de momo
    momo

    tout ça est vrai à Grenoble l’urbanisme est très dense et compliqué car les bâtiments de France empêchent pas mal de rénovation mais certains préfèrent critiquer que s’intéresser aux vraies causes des choses

  3. Avatar de Stéphanie
    Stéphanie

    3 articles. 3 références à Carignon. En fait vous êtes obsédés. Incapables d’exister par vous-même. Sans lui, que feriez-vous. Pathétique

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