Albert Michallon, un maire visionnaire au service de Grenoble

Grenoble doit une part importante de son développement moderne à Albert Michallon (1912-1975), figure marquante de la vie politique locale et nationale du XXᵉ siècle. Chirurgien de profession, résistant engagé et maire bâtisseur, son action a profondément façonné la ville telle que nous la connaissons aujourd’hui.

Un homme de convictions, de la Résistance à l’Hôtel de Ville

Né en 1912, Albert Michallon s’illustre très tôt par son engagement. Pendant la Seconde Guerre mondiale, il joue un rôle clé dans la Résistance, en organisant l’antenne médicale des maquis du Grésivaudan, mettant ses compétences de chirurgien au service de la liberté. Après la guerre, il entre au Rassemblement du Peuple Français (RPF) et siège au conseil municipal de Grenoble de 1947 à 1953. Son attachement aux valeurs gaullistes et son sens du service public le conduisent naturellement à briguer la mairie.

Maire de Grenoble (1959-1965) : une ville tournée vers l’avenir

Élu maire en 1959, Albert Michallon engage Grenoble dans une dynamique de modernisation ambitieuse. Son mandat est marqué par une vision à long terme, centrée sur l’aménagement urbain, l’innovation et le rayonnement international de la ville. Parmi ses décisions majeures figure la candidature de Grenoble aux Jeux Olympiques d’hiver de 1968, un projet audacieux qui aboutira à la désignation officielle de la ville comme hôte. Cet événement transformera durablement l’image de Grenoble, la plaçant sur la scène mondiale. En parallèle, Albert Michallon lance la mise à l’étude d’un grand plan d’urbanisme, anticipant la croissance démographique et les besoins futurs des Grenoblois.

Des réalisations structurantes pour Grenoble

Le mandat d’Albert Michallon se traduit par des réalisations concrètes, encore visibles aujourd’hui : le pont ferroviaire de l’Estacade, le marché de gros, devenu le M.I.N. de Grenoble, la patinoire Clémenceau (désormais Halle Clémenceau), le centre social Teisseire, la création de la compagnie de chauffage urbain de Grenoble, pionnière en matière d’énergie collective. Ces équipements structurants témoignent de sa volonté d’améliorer le cadre de vie, l’attractivité économique et la cohésion sociale de la ville.

Une trajectoire politique marquée par l’éthique

Déçu par certaines orientations nationales, notamment après la décision du gouvernement Debré de ne pas accorder l’aide financière attendue à Grenoble, Albert Michallon prend ses distances avec le gaullisme. Il quitte l’UDR en 1965, en désaccord avec la grâce présidentielle accordée à Jean Barbier, collaborateur de la police allemande à Grenoble pendant la guerre. Battu aux élections municipales de 1965 par Hubert Dubedout, il reste néanmoins président du comité d’organisation des Jeux Olympiques d’hiver et ouvre officiellement la cérémonie des JO en 1968, symbole de son engagement indéfectible pour Grenoble.

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Un héritage toujours vivant à Grenoble

En hommage à son action et à son engagement humaniste, le Centre Hospitalier Universitaire de Grenoble porte depuis 1987 le nom d’Albert Michallon. Un choix fort, rappelant à la fois le chirurgien, le résistant et l’homme public. Albert Michallon repose aujourd’hui au cimetière Saint-Roch, mais son héritage demeure profondément inscrit dans le paysage urbain, social et institutionnel de Grenoble.

Albert Michallon, une figure clé de l’histoire grenobloise

Visionnaire, intègre et profondément attaché à sa ville, Albert Michallon incarne une période charnière de l’histoire de Grenoble. Son action a contribué à faire de la capitale des Alpes une ville moderne, solidaire et ouverte sur le monde. Un héritage dont Grenoble peut encore être fière aujourd’hui.