Cette semaine, c’est la 8ème édition des Assises des achats publics et NON NE FERMEZ PAS LA FENÊTRE, ON VOUS JURE QUE C’EST PASSIONNANT.

Les achats publics, ce sont l’ensemble des achats réalisés par les acteurs publics (État, collectivités et leurs établissements, organismes de droit public, sociétés d’économie mixte, organismes de sécurité sociale) pour réaliser leurs missions.
Bon, jusqu’ici on ne vous apprend pas grand chose.
Voilà une donnée plus importante : les montants annuels de ces achats représentent plus de 10 % du PIB. Autant dire que ça peut être un sacré levier d’action. Et autant de raisons pour que ces flux financiers soient encadrés correctement. Rentrons dans le vif du sujet, et voyons ce que ça représente pour un territoire comme le nôtre, en matière de probité, d’emploi ou encore de transition environnementale.
Voilà donc les 4 raisons pour lesquelles les achats publics sont un sujet super intéressant :
Faire respecter la bonne utilisation des fonds publics
Quand une famille a besoin d’acheter des pommes, elle va chez le primeur ou au supermarché. Elle compare les prix et repart avec son sac de pommes.
Quand un acteur public (mettons la Ville de Grenoble) a besoin d’acheter des pommes pour les cantines de ses écoles, c’est un peu plus compliqué. Bienvenue dans le monde merveilleux de la commande publique.
Celle-ci repose sur 3 principes fondamentaux : la liberté d’accès à la commande publique, l’égalité de traitement des candidats et la transparence des procédures.
Concrètement, cela veut dire que :
- Toutes les entreprises qui répondent aux conditions du marché peuvent candidater pour vendre leurs produits à la Ville. Qu’il s’agisse par exemple d’un grand groupe agricole ou d’un petit maraîcher du coin.
- Elles doivent bénéficier des mêmes informations sur les besoins et les attentes de la Ville en matière de produits et de services (et de pommes).
- Les propositions commerciales qu’elles adressent à la Ville seront examinées à la lumière d’un cahier des charges, qui fixe par avance les critères importants pour la Ville. C’est la qualité des réponses au cahier des charges qui détermine le choix d’une entreprise A ou d’une entreprise B, selon des critères définis à l’avance.
Notons que, au-delà des seuils financiers prévus par la réglementation, la commande doit faire l’objet d’une procédure de publicité et de mise en concurrence. La Ville va y spécifier quels sont ses besoins et inviter les entreprises à lui proposer des offres. C’est ce qu’on appelle un marché public.
Ces 3 principes fondamentaux permettent de s’assurer que le choix d’une entreprise se fait sur la base de critères objectifs. Liés par exemple à la qualité des produits ou services et au prix auquel ils sont proposés. De plus, ils servent à éviter qu’on favorise l’entreprise d’un copain, d’une cousine ou de son voisin.
Et, de plus en plus, la commande publique est utilisée comme levier pour d’autres objectifs…
achats publics :Influer sur le secteur économique
On parlait, il y a quelques lignes, du cahier des charges.
C’est cet outil qui va permettre aux collectivités, en fixant des critères vertueux, d’influencer le type de produits et de services qui sont proposés. À Grenoble, la Ville compte faire de sa commande publique un outil au service de la transition.
« On poursuit 3 objectifs prioritaires, préciseThibault Martin, conseiller municipal délégué à la commande publique, la promotion de l’emploi et de l’insertion, la protection de l’environnement et de la santé et l’accès des petites et moyennes entreprises du territoire à la commande publique. »
Les achats peuvent donc influencer le monde économique. Sur le volet environnemental, la commande publique peut être un outil très concret : 77 % des achats d’énergie de la Ville de Grenoble sont ainsi couverts par des énergies renouvelables.
La commande publique peut également agir sur la santé et la qualité de vie. 64 % des marchés notifiés intègrent une clause ou un critère permettant de diminuer la part des polluants. On parle notamment de ceux qui dégradent la qualité de l’air intérieur et des perturbateurs endocriniens. 36 % intègrent un critère relatif au bien-être animal.
Pour les pommes, ça peut par exemple être le fait d’avoir des produits bio et locaux. Sur les questions de qualité alimentaire des règles précisent existent. Des objectifs en matière de qualité et produit Bio, menus végétariens, lutte contre l’utilisation du plastique et le gaspillage alimentaire sont contenus dans la loi Egalim, objectifs que la Ville de Grenoble est fière de dépasser.
Sur le volet social, 47 marchés passés par la Ville de Grenoble en 2025 comportent une disposition sociale. Ils ont permis à des salariés du territoire de réaliser 24 391 heures d’insertion.
Autrement dit, une collectivité peut utiliser son cahier des charges pour encourager certaines pratiques et accompagner les transformations du secteur économique.
Faire travailler les entreprises du territoire
Pour l’année 2025, la Ville de Grenoble a dépensé plus de 110 millions d’euros dans le cadre de ses marchés publics, tous domaines confondus.
Elle a passé 74 % de ses marchés avec des TPE/PME. 78 % des entreprises sont localisées dans la région Auvergne-Rhône-Alpes, dont 71 % en Isère et 66 % sur le territoire de notre métropole.
Mais encore faut-il que tous les types d’entreprises (et pas seulement les grands groupes) connaissent les marchés et puissent comprendre les besoins de la collectivité.
C’est notamment l’objectif du sourcing. Il consiste à aller échanger avec les entreprises en amont d’une consultation. Il permet à la collectivité de mieux connaître l’offre existante, de mieux définir son besoin et, au passage, de faciliter l’accès des petites entreprises à la commande publique. En 2025, 17 sourcings ont ainsi été réalisés.
Le développement du sourcing en amont des consultations permet donc de favoriser l’achat du juste besoin tout en ouvrant davantage la commande publique aux entreprises qui peuvent y répondre.
Un dernier levier est l’allotissement. Il consiste à diviser les besoins d’un même marché public en plusieurs lots distincts. Chaque entreprise, et notamment les petites et moyennes entreprises peuvent faire le choix de ne répondre qu’à un lot du marché et non à l’intégralité du marché public. C’est l’un des moyens les plus efficaces pour une collectivité de faire travailler son commerce local.
Trouver des économies via les achats publics
Qui dit immenses flux financiers dit… immenses dépenses. Sommées de répondre à de plus en plus d’urgences sociales, avec des moyens de plus en plus contraints, les collectivités ont intérêt à acheter intelligemment.
La Ville de Grenoble utilise la mutualisation des achats comme levier : « Depuis plusieurs années, la Ville mutualise ses achats, en particulier avec le CCAS, pour faire des économies d’échelle », précise Thibault Martin.
Un outil de programmation des achats permet de mieux identifier les besoins des services et de trouver ainsi des domaines dans lesquels faire des marchés groupés.
Tous ces sujets ont été discutés hier lors des Assises des achats publics. Les échanges ont porté sur l’accompagnement des entreprises dans l’accès aux marchés publics et sur la manière d’améliorer la qualité des achats publics. Des questions essentielles donc !
Le Département de l’Isère, Grenoble Alpes Métropole et la Ville de Grenoble organisent cet événement formel de rencontre entre les divers acteurs, et notamment entre les TPE/PME. C’est aussi l’occasion d’accompagner les entrepreneurs, notamment l’après-midi avec des rendez-vous individuels pour obtenir une réponse à toutes les questions que l’on se pose lorsque l’on répond à une offre de marché public.
Parce que derrière des achats qui peuvent sembler très administratifs se cachent en réalité des choix qui peuvent avoir des effets très concrets sur notre économie, notre territoire et notre environnement.

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