Notre santé est précieuse. La Ville a déployé une mutuelle communale parce que trop de Grenoblois et Grenobloises renoncent à se soigner par manque de moyens. Elle permet une meilleure prise en charge des soins, à des tarifs préférentiels.

Le manque d’accès aux soins
La France a longtemps eu le meilleur système de santé au monde… et les choses ont un peu changé. Les soins de santé coûtent cher. Avec les années et surtout les réformes des gouvernements successifs, leur prise en charge est de moins en moins assurée par l’Assurance maladie. Elle est de plus en plus prise en charge par les complémentaires santé ou mutuelles, dont les tarifs augmentent avec les années et avec l’inflation. Il devient donc de plus en plus coûteux de se soigner.
Ainsi, 13 % des Français déclaraient en 2019 (Insee) avoir déjà renoncé à un examen de santé pour une raison financière. Une situation alarmante, qui pousse de nombreuses villes à proposer une mutuelle communale pour répondre à un vrai manque.
À Grenoble, 16 % des habitant-es n’ont pas de complémentaire santé (CPAM Isère 2024), un chiffre qui a motivé la Ville à agir pour encourager l’accès aux soins et pour améliorer le pouvoir d’achat par une offre à tarif préférentiel.
Permettre l’accès aux soins pour tous-tes les Grenoblois-es
Après un appel à manifestation d’intérêt, la Ville a sélectionné parmi toutes les candidatures reçues, l’offre de la mutuelle Entre Nous. Celle-ci est installée de longue date à Grenoble, où elle a plusieurs agences.
La mutuelle communale est ouverte à tous.
Et la Ville l’a également pensée pour les personnes en difficulté et/ou qui ne sont pas couvertes par une mutuelle obligatoire d’entreprise.
Sont notamment concernées : les personnes sans emploi ou avec un emploi précaire, les étudiant-es et, bien sûr, les retraité-es. Ceux-ci bénéficieront d’un tarif bloqué après 80 ans. Un élément important, puisque les personnes âgées se retrouvent souvent à payer une mutuelle à des prix de plus en plus exorbitants à mesure qu’elles vieillissent.
Des garanties adaptées et des prix maîtrisés
La mutuelle propose 5 niveaux de garanties différents, qui peuvent être modulés entre les personnes d’un même foyer, selon leurs besoins. La couverture est très large. Elle comprend soins courants, hospitalisation, optique, dentaire, auditif, prestations pour soins non conventionnels (prévention, ostéopathie, etc.). La prise en charge des personnes qui adhèrent est immédiate. Elle se fait sans frais cachés, questionnaire de santé ou limite d’âge, contrairement à de nombreuses autres mutuelles.
Le tout, à des tarifs négociés et donc maîtrisés. Notamment pour les étudiants, qui bénéficient d’une réduction de 30 % sur les tarifs.
Permettre l’accès aux droits
Le lancement de la Mutuelle communale s’est accompagné d’une campagne de communication, avec un objectif double :
- Informer les habitants de l’existence de cette offre avantageuse.
- Et aussi repérer les personnes qui pourraient bénéficier d’autres aides, par exemple la complémentaire santé solidaire (C2S), proposée par l’État pour prendre en charge les dépenses de santé des personnes ayant des ressources modestes.
Courrier ciblés et réunions publiques ont permis de toucher un vaste public. Des permanences d’information et d’adhésion ont aussi été organisées régulièrement. Elles permettent aux habitant-es de s’informer, de faire une étude personnalisée de leur situation et ainsi de choisir le bon contrat et éventuellement d’adhérer sur place. Elles ont lieu dans les Maisons des habitants à la Cité Baya, ainsi que lors d’événements (Thés dansants, Forum Seniors ou encore Forum des association). En bref, là où sont les personnes qui pourraient être intéressé-es.
Quel bilan à Grenoble ?
Sur sa première année d’existence, la mutuelle communale a enregistré 2 242 adhésions. Un chiffre qui dépasse déjà les ambitions que s’était fixées la mutuelle Entre Nous à l’horizon 2028.
Au total, cela représente donc 3 184 personnes protégées, dont 587 enfants. Parmi elles, 1 117 personnes n’avaient pas de mutuelle précédemment.
Autant de Grenoblois-es qui seront mieux remboursé-es, mieux pris-es en charge et seront ainsi incité-es à ne pas repousser des soins importants.
Bonne nouvelle aussi du côté des retraité-s, particulièrement ciblés par cette mesure, et qui représentent 38 % des nouveaux adhérents.
Dans l’idéal, la santé serait vraiment accessible à tous-tes, dans les mêmes conditions et quels que soient leurs moyens. Mais en l’état actuel des choses, la mutuelle communale apporte une réponse au prix de l’accès aux soins. Et la dynamique continue ! Une nouvelle réunion publique était organisée jeudi soir. Plusieurs personnes ont pu s’informer et repartir avec un contrat en main. Une première étape, et un pas vers une santé plus accessible.

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